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Textes critiques

I Exposition Topographies, Galerie Grande Fontaine, Sion 2017

Un ailleurs libérateur
Anne-Chantal Pitteloud présente «topographies», des encres de Chine et taches d’encre à la galerie Grande Fontaine de Sion dès ce soir et jusqu’au 19 mars. La céramiste, peintre et plasticienne de Sierre a participé, l’automne dernier, à une résidence d’artiste à Gênes attribuée par la Ville de Sion. La Sierroise expose ici le résultat de ses travaux. A la manière des écrivains surréalistes qui adoraient «l’écriture automatique», Anne-Chantal Pitteloud s’est embarquée avec frénésie dans ces dessins répétitifs et «très addictifs». Ils racontent, et ce n’est pas nouveau chez cette artiste, une topographie intérieure riche et mouvementée. La résidence à Gênes lui a fait grand bien. Car Anne-Chantal Pitteloud est une nomade qui a besoin d’évasion mais qui sortait aussi d’une période difficile: «Comme ce fut déjà le cas à Paris lors d’une résidence antérieure, un nouvel environnement est très inspirant, personne ne vous connaît, la pression est moins forte, l’état de recherche libérateur», raconte t-elle. «Si Gênes semblait de prime abord moins séduisant que Paris, j’ai appris à beaucoup l’aimer, sa vieille ville incroyable, la lumière de son port, la galanterie de ses habitants ou les falaises du bord de mer… Les gens se parlent, Gênes est extrêmement agréable à vivre.» Rapidement l’artiste s’est mise au travail et de manière quasi obsessionnelle.
Un processus très répétitif
Lorsque Anne-Chantal Pitteloud travaille dans son atelier de la Ferme-Asile à Sion, elle crée surtout des volumes en céramique.
A Gênes, sans four, il lui restait à prendre la plume. D’autant qu’elle connaît déjà l’encre de Chine qu’elle a utilisée lorsqu’elle dessinait des cartes géographiques rêvées ou les strates de la terre. «Je n’ai d’abord pas réfléchi à ce que je faisais. Comme on accroche des wagons les uns aux autres, j’ai commencé à remplir des feuilles, systématiquement, comme dans un processus de gestes très répétitifs.» Ce travail qui pourrait paraître exceptionnel – il l’est dans son processus – s’inscrit dans la continuité des travaux de l’artiste, les lignes s’approchant des volumes, rappellent ces formes organiques caractéristiques de ses céramiques, l’effet d’illusion d’optique permet d’y voir parfois des racines, des corps qui se déploient, les topographies d’un lieu. «Bousculer ses habitudes permet d’expérimenter d’autres façons d’exister.» Que oui!
Isabelle Bagnoud - Lorétan  , Journaliste, Le journal de Sierre   2017                                              voir l'article

 

I Ausstellung in der galleria graziosa giger, Leuk

Die galleria graziosa giger in Leuk präsentiert zum ersten Mal die Walliser Künstlerin Anne-Chantal Pitteloud. Die 1970 in Siders geborene Künstlerin ist an der Kunsthochschule ESAD in Straßburg ausgebildet und hat schon zahlreiche Ausstellungen und Preise im In- und Ausland vorzuweisen. Sie arbeitet vornehmlich mit Keramik, ist jedoch auch in der Photographie, Video, Zeichnung, Installation und diversen Drucktechniken tätig.

In der aktuellen Ausstellung in Leuk hat sie ihr formales Repertoire, das um die Themen Geographie, Geologie und Anatomie kreist, merklich erweitert. Neben Keramiken oder Gravuren werden Photographien ausgestellt, deren Grundlage alte Diapositive aus Glas bilden, die sie von einem Freund geschenkt bekommen hat. Die Künstlerin hat die Abbildungen entfernt, die Glasquadrate mit Tusche bemalt und photographiert und so Bilder geschaffen, die an primäre Strukturen erinnern: Flechten, Zellen oder Bakterien unter einem Vergrößerungsglas. Damit führt sie ihren künstlerischen Weg weiter, in dem die Visualisierung einer Spur, eines Fragments oder Relikts eine große Rolle spielen. Oft wirken ihre Keramiken und Zeichnungen wie prähistorische Fundstücke: sie erinnern an Knochen, Zähne oder Muscheln, die wie in einem Naturkundemuseum bisweilen in Kisten oder in serieller Form präsentiert werden.

Die Künstlerin arbeitet mit elementaren Kräften. Das Feuer brennt den Ton und hinterlässt Spuren auf dem erdigen Material. In Leuk ist es das Element Wasser, das besonders hervortritt, da viele Arbeiten mit Tusche zu sehen sind, die auf Glas gemalt sind.  Zu ihrer Arbeit sagt die vielgereiste Künstlerin:“ Je raconte des histoires à l’homme en quête d’un ailleurs.“ Dieses Andere bleibt jedoch undefiniert und offen. Die organischen Formen und die Strukturen auf dem Ton sind unbestimmt, die Zeichnungen abstrakt. Man könnte sagen: Anne-Chantal Pitteloud schafft eine Inventur des Vergänglichen, sie zeichnet die Spuren der Zeit nach. Ihre Kunst ist wie eine Flaschenpost, die man aufs Meer hinauswirft.  

Die Ausstellung ist von 14. November 2015 bis zum 20. Dezember 2015 in Leuk zu sehen. Mit der Vernissage am 14. November findet die Weintaufe des neuen Jahrgangs von Vitis Antiqua 1798 statt, dessen Etikette vom Grafiker Gabriel Giger mit einem Werk der Künstlerin Anne-Chantal Pitteloud gestaltet ist.
Christine Pfammatter , Ecrivaine.    2015



Elle dessine ses territoires
Anne-Chantal Pitteloud propose un voyage au coeur de la terre

Elle a les pieds bien ancrés au sol. Les mains solides, enfoncées dans la terre. Anne-Chantal Pitteloud expose des céramiques, des dessins, des installations et des photographies à la Galerie Graziosa Giger. Les différents médiums dessinent un même langage, le sien, autour de la matière, des territoires et du vivant. La Sierroise montre à Loèche l’étendue de son domaine, qu’elle a patiemment construit et où elle a beaucoup investi d’elle-même. Après dix ans comme dessinatrice en bâtiment (qui lui apporte précision et maîtrise de l’espace), Anne-Chantal Pitteloud entre à l’Ecole cantonale d’art du Valais puis à l’Ecole supérieure des arts décoratifs de Strasbourg. Longtemps, la céramiste s’est promenée en Belgique, en France, s’imprégnant de nouvelles techniques et nourrissant son esprit d’évasion. Aujourd’hui, Anne-Chantal Pitteloud possède un atelier à la Ferme-Asile et s’est installée à Sierre. Pas aussi sédentaire qu’on voudrait bien le croire. Artiste nomade, comme elle se définit elle-même, l’artiste poursuit sa quête, à pied le plus souvent, traversant les Alpes en silence, à la façon des découvreurs des siècles derniers. Source d’inspiration.
Picoter et dessiner. On avait laissé Anne Chantal Pitteloud nous raconter ses voyages imaginaires sur des cartes géographiques à la galerie de la Grande Fontaine en 2012. On retrouve de nouvelles cartes à Loèche et l’on retient «Géodésie ». La Sierroise a retranscrit, grâce au poinçon, sur du beau papier canson, les courbes de niveau d’une carte du val d’Hérens, si bien que la lumière pénètre par les petits points dessinant ainsi les courbes. Délicat, méticuleux et poétique. «Petite, j’étais douée pour picoter », plaisante-t-elle.
Sortis du volcan. La galerie présente des céramiques, certains raku semblent sortis du volcan. D’autres oeuvres rappellent les couches terrestres lorsqu’elle dessine des sillons au crayon gris ou quand ceux-ci apparaissent sur des restes de tournage. Ses nouvelles expérimentations croisent l’encre de Chine et le verre. Des petites taches posées au hasard sur des lamelles, photographiées puis agrandies ou alors travaillées à même le verre exposé renvoient aux strates, à des objets minéraux ou
animals qui rappellent nos labos de biologie.
Un voyage au coeur de la terre!

Isabelle Bagnoud - Lorétan  , Journaliste, Le journal de Sierre   2015                                             voir l'article

 

L’artiste sierroise continue sa démarche exploratoire dans ses oeuvres, à la galerie Graziosa Giger.
Une artiste novative et inventive
Anne-Chantal Pitteloud poursuit sa quête innovante
Une expérimentatrice
Anne-Chantal Pitteloud a suivi une formation aux Beaux-Arts en Valais et à Strasbourg, mais elle est également céramiste et très polyvalente: encres de Chine, graphites, lithographies, porcelaines, céramiques, photos, l’artiste sierroise expose actuellement ses oeuvres à la galerie Graziosa Giger à Loèche. Anne-Chantal Pitteloud, avant sa formation artistique, était dessinatrice et cela se sent dans ses oeuvres avec son goût de l’exactitude, de la précision, de la rigueur. «J’affectionne les cartes de territoires inconnus, imaginaires, oniriques, les géographies à inventer, les mondes à construire, les voyages improbables à vivre. Mes dessins et mes encres ici à Loèche sont en quelque sorte une continuité de ce processus d’invention et de découverte. Je suis dans une démarche exploratoire et expérimentale, toujours en recherche.» Une expérimentatrice A la galerie Graziosa Giger, le visiteur peut découvrir des supports nouveaux, des encres sur verre, qui arrivent dans la suite des cartes de lieux sur papier. «J’aime explorer les lieux géologiques inédits, et comme avec l’aquarelle je mets en scène des dessins sur des supports en verre en rajoutant des gouttes d’eau sur l’encre que je mets sur le verre, en effectuant des mélanges et en travaillant toujours à l’horizontale.» L’artiste élabore ses compositions également avec des diapos, sur lesquelles elle crée des formes, qu’elle projette, scanne puis exécute des tirages sur papier photo: il en résulte des œuvres imposantes avec des compositions abstraites, très nuancées. En effet en rajoutant de l’eau et du sel à l’encre on obtient une cristallisation très étonnante, de même des formes nouvelles apparaissent avec de l’eau oxygénée. Sphères cosmiques, linéaments flottants qui deviennent des portées musicales, courbes de niveau qui oscillent entre ciel et terre, les interprétations sont plurielles, les traductions dépendent des émotions, les transpositions des sensibilités individuelles.

Une part d’aléatoire

«Il existe une part de hasard et d’aléatoire, de surprise et d’étonnement dans mes créations. J’exécute une démarche expérimentale.» Les lignes mouvantes de certains dessins ou certaines céramiques peuvent représenter des cartes géographiques inventées, sorties du néant: «Il n’y a rien qui est juste, rien qui est faux…» On peut retrouver ainsi dans ses compositions des directions, des chiffres, des parcours, des itinéraires, qui nous emmènent en nous-mêmes ou aussi au-delà de l’horizon. Pour Graziosa Giger l’artiste sierroise sait apporter harmonie, équilibre, justesse, faisant interagir les forces élémentaires, l’eau avec l’encre, la terre et le feu dans ses céramiques, l’air et la chaleur dans ses voyages géographiques et géologiques.

Anne-Chantal Pitteloud capte les traces du temps qui passe, de la mémoire bouillonnante: «Mon travail témoigne d’un intérêt particulier pour l’anatomie, la géographie et la géologie. Entremêlant la céramique, le dessin, la vidéo, la photographie et l’écriture, je crée une collection d’objets, pièces à conviction d’un monde imaginaire d’une étrange familiarité.»
Jean Marc Theytaz. Journaliste, Le  Nouvelliste     2015                                                                   voir l'article


BSCNews, n° 80, mai 2015, pp. 135-141
"Anne-Chantal Pitteloud - Une terre aux résonances charnelles et spirituelles"
par Julia Hountou



I Rhizomes   Galerie de la Grenette, Sion    * catalogue
Si Anne-Chantal Pitteloud fait preuve d’une nette prédilection pour la céramique, ses oeuvres peuvent aussi bien prendre la forme d’installations, de dessins, de photographies que de pages d’écriture ou de vidéoprojections. Mêlant ces médiums variés, l’artiste invente d’étranges collections d’objets imaginaires qui invitent à d’insolites voyages.

Ses créations en perpétuel dialogue avec la nature reflètent les marches en montagne qu’elle affectionne particulièrement. Pour préparer ses excursions, elle se plonge longuement dans l’observation des cartes, prenant plaisir à découvrir la géologie des sols qu’elle foulera ; elle se sent dès lors transportée dans le paysage, dans le substrat même du territoire. Dotés d’une dynamique propre à l’imaginaire, les atlas ou autres globes terrestres sont indispensables de nos désirs d’évasion. Les documents cartographiques que l’artiste choisit méticuleusement et avec lesquels elle entretient un rapport affectif révèlent ses parcours. À partir de la représentation topographique du Valais (Val d’Hérens, Moiry dans le Val d’Anniviers…), elle isole des éléments, des motifs et des rythmes, pour recomposer des ensembles plastiques. Ses paysages poinçonnés (Géodésie) constituent une déclinaison sur deux rouleaux d’un mètre de long sur soixante-dix centimètres de large, semblabes à un réseau de taches, aux méandres de lamelles d’écorces ou à des structures organiques *.

Tel un travail à l’aveugle, le poinçonnage correspond à une élaboration extrêmement lente quasi méditative qui nécessite d’« avancer » par sessions successives. Ne devant aucunement déchirer le support, la perforation doit être précise, nette et délicate. C’est l’attention portée au geste et la régularité de ce dernier qui permettent de donner sa cohérence au tout. Ce procédé inverse notre manière de lire l’image au sens où celle-ci naît du négatif, des jeux d’ombre et de lumière ainsi créés. Les micros-perforations instaurent une circulation alternée entre intérieur et extérieur, entre voilé et dévoilé, d’autant que l’artiste préfère présenter l’envers du papier afin de montrer les lignes en relief qui s’apparentent à des points de fine broderie ou des perles de rosée accrochant subtilement la lumière. L’absence volontaire de couleur renforce l’impression de pureté et de fragilité de l’oeuvre.

A l’instar d’une arborescence rhizomatique aux multiples ramifications, ces paysages aux confins de l’abstraction semblent ne pas avoir de fin. Pour accentuer cet effet, Anne-Chantal Pitteloud ignore les bordures du papier afin que le motif devienne un fragment que l’on peut mentalement étendre à l’infini. Sa réinterprétation onirique de la cartographie revient ainsi pour elle à tenter de circonscrire et s’approprier le monde, tout en participant à sa construction poétique.


* On observe des systèmes de motifs répétitifs parfaitement ordonnés comme par exemple les rainures des feuilles, les robes de certains animaux, les écailles des poissons. Ces « modèles » se retrouvent aussi à une échelle moindre. Et plus on pénètre dans l’ininiment petit, plus la matière s’apparente à un réseau complexe extrêmement cohérent qui présente une variété de symétries ou de divisions de surfaces structurées. Cette fascination pour le vivant est apparente dans les créations plastiques d’Anne-Chantal Pitteloud.

Julia Hountou , Docteur en histoire de l'art et curatrice.    2015

 

I Een anatomische lee   Galerie Hannah,  Herent. (B.)
Anne-Chantal Pitteloud (Zwitserland) is architecte maar leidt nu een leven als “artiste nomade”. Ze maakt keramische objecten die ze doorgaans verwerkt in thematische installaties. In het Hannah-huis toont ze organische vormen die aansluiten bij de anatomische les.     
Leni Creuwels   2014


I  Textes parus dans la monographie  inventaire


I Room Art Fair, Madrid      représenté par la Quiosc Gallery, (Sp.)
Se dice, se habla, se cuenta, que todos los privilegios en la función o ejercicio del arte recaen en los manipuladores de la materia prístina con la que según nos han contado, Dios modeló la imagen del hombre : el barro. De ahí, ( lo afirman las malas lenguas), la reputación bien ganada que soportan alfareros y ceramistas de parecer individuos orgullosos e intratables, argumentando que el oficio de alfarero ha sido heredado del mismísimo Sumo Creador.
Por si fuera poco, alfareros y ceramistas, trabajan como herméticos alquimistas en la invención de fórmulas químicas para obtener los colores de sus esmaltes, y que una vez descubiertas, guardan celosamente Por si todo esto no fuera suficiente, trabajan con la aleación de los cuatro elementos conocidos y que fue el « Argé  » de los filósofos presocráticos : Tierra, Fuego, Agua y Aire.
Con harinas tan sublimes, la cerámica es hoy por hoy, uno de los ejes fundamentales del arte contemporáneo.
No me voy a detener ( por imperativos de espacio ), en cantar las excelencias de la rica biografía de Anne Loup; para ello ya está el bien ilustrado portafolio que la artista suiza dispone en Vitrinart y paso por tanto a comentar su trabajo.
La inspiración de Anne es tan rica como las técnicas que aplica. El repertorio de temas, toca incluso a la gastronomía. Anne es alfarera y ceramista. Utiliza la técnica del Rakú ( técnica oriental de reducción de baja temperatura), con la que consigue un repertorio de piezas ricas en texturas y lustres. Una bellísima serie debida al Rakú es la de los vasos que me llevan a los campaniformes de la cultura del Argar.
Enumero algunas de esas grandes series en las que vierte su arte y su genio : » Arqueografías », » Matrices », « Fósiles », » Gastronomía,  » Les bois d’air « , » Geologías », « Cymatophoros », » Ribozomas »,  » Retour de viajes »,  » Mapas de la memoria  » y  » Dibujos geográficos ».

Las series así enumeradas se traducen en : piezas de pequeño tamaño de riquísimas texturas que recuerdan o simulan restos arqueológicos /antropológicos de una civilización perdida. Objetos de preciosa morfología (de producción aparentemente seriada), de algo que parecen ser ensayos o prototipos de artilugios industriales. Pequeñas creaciones cerámicas de un gran regusto estético que se traducen en caparazones de moluscos / caracoles fósiles. Facsímiles de pastas alimenticias hechas en pasta cerámica que para dotarlas de más verosimilitud, se muestran enfundadas en bolsas de plástico. Piezas realizadas en pasta blanca de apariencia orgánica que parecen restos fallidos de una inseminación artificial. Otras, con apariencia de órganos / vísceras de un mamífero rumiante, figuran sumergidas / bañadas en frascos de lo que quiere ser formol.
Su obra gráfica : imposible no mencionarla. Son los  » Mapas de la memoria » y  » Los dibujos geográficos ». Los resumo en esto :Geografía planetaria imaginada / soñada / vista / por navegantes anteriores al descubrimiento colombino. Mapa Mundi mítico de Piri Reis. O quizás se trate de Pangea, el único Continente hecho de barro en medio de un sólo Océano.
Destaco para finalizar, un gran disco de esmalte blanco y de exuberante relieve : Tiene apariencia de planeta / satélite fotografiado por el Hubble y que irradia luz de luna.
Angel Muriel   Critique d’art / Art Critic  Madrid

I Eléments   * catalogue
EMPREINTES  

Céramique, dessin et vidéo sont les expressions utilisées en complémentarité par Anne-Chantal Pitteloud pour traduire ses recherches sur le vestige, la trace, l'empreinte et la cartographie improbable, géographique ou organique. Se définissant comme une artiste nomade, cette voyageuse est fascinée par les cartes géographiques. Une résidence à Paris où elle a décidé de se concentrer sur le dessin uniquement a débouché sur un procédé consistant à étaler des taches d'encre et de les laisser sécher pendant la nuit. Les formes ainsi obtenues rappellent étrangement les dessins d'anciens atlas et sont ensuite complétées par le collage de mots-clés glanés au fil de ses lectures et relevant des thématiques proches de son univers artistique. Cette démarche vient compléter une série de dessins créés à partir de céramiques dont les formes sont empruntées aux organes et aux cellules, et qui sont présentés comme autant de planches anatomiques issues d'une biologie parallèle. Outres, enveloppes, ribosomes ou cytoplasmes, la forme de ces objets en deux ou trois dimensions parlent de l'origine du vivant et de son évolution, en dévoilant la beauté cachée de ce qu'on ne peut ou ne veut pas voir. La poésie du vestige se retrouve également dans la série «Fossiles» composée de disques incertains de terre issus de l'argile qui reste collée sur la girelle lorsque le fil détache la pièce tournée. En accordant le statut d'œuvre à ces restes destinés normalement à disparaître, Anne-Chantal Pitteloud s'attache à l'esthétique de l'éphémère et de la fragilité des choses souvent banalisées par l'habitude, et qui nous renvoient à notre propre présence au monde.
Nicole Kunz     Curatrice et Historienne de l'art          2012


I Artiste nomade et voyageuse, Anne-Chantal Pitteloud aime se plonger dans les cartes de géographie, premier support à ses rêveries au long cours. De la carte de géographie – symbole d’un ailleurs que l’on peut parcourir – elle est passée à des cartographies intimes et personnelles, parsemées de mots évocateurs et porteurs d’imaginaire. Son approche conceptuelle trouve également son expression dans des installations cosmologiques murales, constituées de sphères en céramique. Une seconde salle présente un autre pan de son travail : des céramiques évoquant des organes internes, des ossements, des coquilles sont recensés à la manière d’objets archéologiques, de vestiges. 
Anne Pastori     www.signegeneve.ch/


I Situation 1  Ferme-Asile, Sion    * catalogue
VESTIGES       les écorces de bols  

C’est avec un regard décalé qu’ Anne-Chantal Pitteloud observe la fabrication de pièces en céramique. Pour réaliser une céramique, il y a le plein, ce qui va devenir objet, et les résidus, ces « copeaux » de terre qui émargent des formes tournées. L’artiste a recueilli ces résidus, bribes légères, téguments délicats, qu’elle dispose en une configuration au sol. Ces vestiges minimalistes, ruines fragiles d’objets absents, révèlent la beauté des restes, la poétique du rebut, la persistance et la résistance des débris.
Toujours le vestige exprime une perte et un désir : il montre une destruction, une disparition, une absence et promet un invisible, un au-delà des formes, ce que l’on peut appeler un survivance. Il incite à imaginer, à compléter, à créer. Le vestige appartient dès lors plus au présent qu’au passé.

Véronique Mauron    Curatrice et Historienne de l'art   2010

I Galerie zur Matze, Brig
MIGRATION

Anne-Chantal Pitteloud schlug nach einer Lehre als Bauzeichnerin den künstlerischen Weg ein. Sie besuchte die Kantonale Kunstschule Wallis und die école superieure des arts décoratifs in Strassburg. Als Keramikerin sucht sie ständig neue Herausforderungen. Ihre keramischen Objekte sind zarte, fragile Mutationen der Natur, sie hat sich eine eigene Welt der Organe und des keimenden Lebens geschaffen. Ihre Arbeiten konfrontieren den Betrachter mit dem Mechanismus des Lebens schlechthin. Anne-Chantal ist eine moderne Nomadin, Reisen ist wichtig, dort holt sie Ihre Inspirationen.  
Monique Rubin   Galerist   2009


I le repas de céramiste
Anne-Chantal Pitteloud transpose le quotidien dans son travail de céramiste : nappe blanche, vaisselle blanche, blancs macaronis, la table est mise pour une poétique agape de fragiles objets.
Françoise de Preux   journaliste 2009
 

IGalerie des Emibois, Emibois
J’ai croisé les objets d’Anne Chantal Pitteloud, artiste nomade. Elle les pousse devant elle comme troupeau de mouton et les fait paître dans des lieux fertiles à la curiosité. Ses objets nous parlent du lieu où elle les a ramassés, fragments morts au regard, mis bout à bout, rendu à la vie.
Ils nous raconte elle, nous la décrive sans complaisances, de l’intérieur.
Ils nous donnent envie de la croiser en un lieu, en un temps pétrifié.
Et ses objets resteront à jamais support à notre mémoire défaillante.
Eric Rhis, galeriste et artiste

 

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